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Journée internationale des femmes 2026 - Dans les coulisses : Promouvoir l'inclusion financière
par Bery Dieye, Directrice de la communication, AfricaNenda - 6 mars 2026
Quand on pense à l'inclusion financière, on imagine souvent des systèmes, des technologies ou des programmes. Mais derrière tout cela, il y a des personnes qui créent chaque jour les conditions qui rendent l'inclusion possible.
À l'occasion de la Journée internationale des femmes, nous mettons en lumière nos collègues des services RH, Finance, Genre et Suivi, Évaluation et Apprentissage d'AfricaNenda, qui contribuent à ce que notre travail soit inclusif, durable et porteur de sens.
Qu'est-ce qui les motive ? Comment l'inclusion se traduit-elle dans leur travail quotidien ? Pourquoi cette mission leur tient-elle à cœur ? Écoutez leurs témoignages : elles partagent la passion, le sens et la vision qui animent l'engagement d'AfricaNenda en faveur de systèmes financiers inclusifs sur tout le continent.
1. Veronica Mutua - Spécialiste RH

Q. Comment les RH contribuent-elles à créer un environnement où les collaborateurs peuvent donner le meilleur d'eux-mêmes pour promouvoir l'inclusion financière en Afrique ?
Pour moi, les RH, c'est avant tout une question de personnes. Il s'agit de créer un lieu de travail où chacun est soutenu, respecté et en qui l'on a confiance. Nous cherchons à recruter des personnes qui partagent sincèrement notre mission et qui souhaitent contribuer à quelque chose de plus grand qu'elles-mêmes. Lorsque les collaborateurs se sentent valorisés et en phase avec notre objectif, ils donnent naturellement le meilleur d'eux-mêmes. C'est ce qui donne du sens au travail.
Q. À quoi ressemble «l’ inclusion » en interne ?
L'inclusion, c'est ce que ressentent les collaborateurs lorsqu'ils viennent travailler chaque jour. C'est se sentir à l'aise d'être soi-même, savoir que sa voix compte et avoir les mêmes opportunités de développement que tous les autres.
À la Fondation AfricaNenda, cet engagement se reflète dans notre identité. Sur nos 25 collaborateurs, 13 sont des femmes et 12 des hommes. Cet équilibre n'est pas le fruit du hasard. Il reflète notre volonté de construire une équipe diversifiée où les différentes perspectives sont valorisées et où chacun a la possibilité de contribuer et de progresser.
Q. Que représente pour vous la Journée internationale des femmes dans le contexte de la construction d'institutions équitables ?
La JIF nous rappelle qui a la parole et dont le travail est valorisé et mis en avant. L'équité est une responsabilité collective. C'est l'occasion de réfléchir au chemin parcouru, mais aussi à ce qui reste à faire. Créer des environnements de travail équitables ne se fait pas automatiquement. Cela exige une volonté et des efforts constants.
Q. Qu'est-ce qui vous donne espoir quant à l'avenir de l'inclusion financière en Afrique ?
Ce qui me donne espoir, c'est le nombre de personnes à travers l'Afrique qui s'engagent profondément dans ce travail. Il y a une véritable énergie et une réelle détermination derrière ce que font les gens. Faire partie de cette aventure est une source d'inspiration.
2. Roseanne Mugo - Directrice financière

Q. Comment la fonction finance soutient-elle le mandat d'AfricaNenda ?
La fonction finance garantit que tous les projets, pilotes ou déploiements complets, sont correctement financés et suivis afin d'en assurer l'efficacité, l'efficience et la rentabilité. Notre rôle est d'accompagner les équipes pour qu'elles puissent se concentrer sur l'impact de leurs actions, en sachant qu'elles bénéficient d'un soutien solide.
Q. Qu'est-ce qui vous donne espoir quant à l'inclusion financière en Afrique ?
Je suis encouragée par les progrès réalisés sur le continent. De plus en plus de personnes ont accès aux services financiers et de plus en plus de solutions inclusives sont mises en place. Nous avançons dans la bonne direction.
Q. Que représente la Journée internationale des femmes dans le cadre de systèmes économiques inclusifs ?
Les femmes jouent un rôle central dans le soutien des familles, des communautés et des économies. Lorsque les femmes ont accès aux services financiers, cela crée des opportunités non seulement pour elles, mais aussi pour leur entourage. Soutenir l'inclusion des femmes est essentiel pour bâtir des communautés plus fortes.
Q. Comment une gestion financière rigoureuse permet-elle d'instaurer la confiance ?
Derrière chaque déploiement de projet, chaque parcours SIIPS se cache un réseau de partenaires qui font confiance à AfricaNenda et lui fournissent les ressources nécessaires pour contribuer à la construction de systèmes financiers plus inclusifs. Mon rôle est de veiller à ce que ces ressources soient gérées de manière responsable et transparente. C’est un travail qui se fait en coulisses, mais il est essentiel. Une bonne gestion financière permet aux projets d’avancer, aux partenariats de rester solides et, en fin de compte, à un plus grand nombre de personnes d’accéder à des services financiers qui améliorent leur vie. Participer à ce processus donne un véritable sens à mon travail.
3. Tapfumanei Mabika - Spécialiste du genre et du S&E
Q. Comment votre rôle contribue-t-il au mandat d’AfricaNenda ?
Mon rôle consiste à veiller à ce que l’égalité des genres soit intégrée à la conception et à l’évaluation de notre travail. Il est essentiel que les initiatives d’inclusion financière bénéficient réellement aux femmes et aux autres groupes marginalisés, non seulement en théorie, mais aussi en pratique. J’assure l’évaluation et j’accompagne les équipes dans l’utilisation d’outils intégrant la dimension de genre. Cela garantit que les interventions se traduisent par un accès réel et équitable aux services financiers numériques.
Q. Pourquoi est-il important d’intégrer la dimension de genre dans les programmes d’inclusion financière ?
Parce que, sans une approche ciblée, les initiatives d’inclusion financière peuvent involontairement laisser les femmes de côté. Les données de l’enquête Global Findex de la Banque mondiale montrent qu’en Afrique subsaharienne, environ 52 % des femmes possèdent un compte financier, contre 64 % des hommes, soit un écart de 12 points de pourcentage. Cet écart reflète les obstacles réels auxquels les femmes sont confrontées, notamment un accès plus limité aux téléphones portables, aux pièces d’identité et aux services financiers. Ces difficultés ne sont pas toujours visibles, mais elles ont un impact direct sur la participation des femmes à l’économie numérique. Si nous ne concevons pas des systèmes qui tiennent compte de ces réalités, nous risquons de renforcer les inégalités existantes au lieu de les réduire. Prendre en compte l'égalité des sexes de manière intentionnelle implique de comprendre ces obstacles et de concevoir dès le départ des solutions adaptées aux femmes. Dans ce cas, l'inclusion financière devient une opportunité pour les femmes de renforcer leur indépendance économique, de subvenir aux besoins de leur famille et de contribuer pleinement à leur communauté.
Q. Comment les données permettent-elles de passer de l'intention à l'action en matière d'égalité des genres ?
Les données nous aident à voir ce qui, autrement, resterait invisible. Elles nous montrent où les femmes sont atteintes, où des lacunes persistent et comment les systèmes peuvent, involontairement, laisser des personnes de côté. Cela nous permet d'aller au-delà des bonnes intentions et de concevoir des solutions qui répondent à des besoins réels.
C'est ce qui a guidé notre recherche sur l'intentionnalité en matière d'égalité des genres, qui sera bientôt publiée. L'objectif est d'aider les parties prenantes et les partenaires du SIIPS à mieux comprendre comment intégrer la dimension genre dans leur travail et à prendre des décisions plus ciblées pour garantir la pleine inclusion des femmes. Pour moi, les données sont un puissant outil de responsabilisation. Elles contribuent à garantir que notre engagement en faveur de l'égalité des genres se traduise par un changement réel et mesurable.
Q. Quelles réflexions se dégagent de la Journée internationale des femmes ?
C'est un rappel que ce travail est important. Il s'agit de veiller à ce que les systèmes fonctionnent pour toutes et tous, en particulier pour les personnes exclues depuis longtemps. C'est à la fois une réflexion et un appel à accélérer l'action.
L'inclusion financière ne se fait pas d'elle-même. C’est grâce à des personnes profondément engagées et conscientes de l’impact positif qu’elles peuvent avoir que cela est possible.
En cette Journée internationale des femmes, nous rendons hommage à nos collègues qui œuvrent dans l’ombre pour rendre l’inclusion financière possible. Leur travail, souvent invisible, est pourtant essentiel et contribue à bâtir un avenir plus inclusif pour toute l’Afrique.


